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Géosciences Rennes
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Université de Rennes1
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35042 Rennes Cedex

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Le décor de l’Institut de Géologie de Rennes

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Un décor mural prestigieux, classé au titre des monuments historiques

Les toiles àthèmes géologiques de Mathurin Méheut et Yvonne Jean-Haffen



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Son histoire...

En 1941, le bâtiment qui abrite l’Institut de Géologie, rue du Thabor àRennes, n’a que quelques années d’existence lorsque Yves Milon, son concepteur, doyen de la Faculté des sciences, apprend que des fonds spéciaux sont disponibles pour aider les artistes àla décoration de locaux universitaires récemment construits.

Il saisit l’occasion et songe immédiatement àMathurin Méheut pour réaliser son projet de décoration de l’Institut de Géologie. Il avait, lors d’un séjour scientifique au laboratoire de biologie marine de Roscoff, remarqué deux ouvrages magnifiquement illustrés par le peintre : Etude de la Mer et Faune et Flore de la Manche et de l’Océan.

Il fait part de son projet àl’artiste et le soumet àl’Administration des Beaux-Arts de façon àimposer le nom de ce dernier.

En Novembre 1941 le peintre accepte la commande qui est confirmée par les Beaux-Arts en 1942.

Yves Milon confie àMathurin Méheut les sujets proposés (évocations de la vie terrestre et marine dans le passé et actuellement, paysages caractéristiques étudiés au cours des excursions géologiques avec les étudiants, activités de l’Institut de géologie au laboratoire et sur le terrain) et une première documentation géologique.

Il est convenu que la peinture doit s’inspirer de la technique du camaïeu, la couleur devant varier du brun foncé au jaune clair, en incluant toutes les nuances de gris, pour être en accord avec le mobilier des collections.

Dès lors Méheut s’engage dans la réalisation de 20 grands panneaux décoratifs destinés àcouvrir toutes les surfaces murales de l’Institut. Il associe àce travail son élève, Yvonne Jean-Haffen, qui est chargée de la réalisation de 5 toiles représentant des paysages géologiques bretons.

La tâche se révèle difficile pendant la guerre, en raison des restrictions de déplacement, des difficultés dans l’obtention des matériaux et des problèmes de financement.

En mai 1945, l’essentiel de la commande est exécuté, hormis les deux panneaux qui concernent l’activité des géologues, au laboratoire et sur le terrain et qui seront terminés en 1946.

Les 25 toiles sont marouflées sur les murs de l’Institut de Géologie, rue du Thabor, de mai 1947 (date de son inauguration) àmars 1948. Le projet d’Yves Milon trouve ainsi sa concrétisation, l’art se mettant au service de la science.

De mars 1948 àjuin 1972, les peintures de Mathurin Méheut et d’Yvonne Jean-Haffen vont décorer les murs de l’Institut. Si les salles de collections ne sont pas libres d’accès, le hall et les salles de cours du premier étage permettent àdes générations d’étudiants de plus en plus nombreux d’admirer une œuvre dont pourtant ils ignorent presque tout.

Durant l’été 1972, après le déménagement définitif du laboratoire et des collections géologiques vers le campus scientifique de Beaulieu, l’essentiel des panneaux (18) est démarouflé, le bâtiment de l’Institut devant accueillir les services de la Présidence de l’Université de Rennes 1, et déposé dans l’atelier d’une entreprise de restauration des œuvres d’art. Une partie des toiles (7) reste cependant en place dans le bureau que conserve Yves Milon àla Présidence.

Cette situation peu satisfaisante va perdurer de longues années. Néanmoins, en 1975, le laboratoire de géologie assure le montage sur châssis de 8 toiles qui seront accrochées sur les murs d’une salle de cours (la Salle Barrois) (les reptiles du Secondaire), dans le bâtiment de recherche (les ardoisiers, les paysages géologiques). De son côté, l’Université, pour orner sa salle de réception, fait monter deux toiles de Yvonne Jean-Haffen (le cap Fréhel, Ploumanac’h) et une toile de Mathurin Méheut (les potiers bretons).

à la Présidence, en 1982

En 1978, les toiles entreposées àl’extérieur rejoignent le campus de Beaulieu, mais rien n’est prévu pour les restaurer et les présenter aux étudiants et aux universitaires.

Suite au décès d’Yves Milon en 1987, il est demandé de libérer son bureau et de déposer les 7 toiles restantes. Faute de financement, et devant l’urgence qu’il y a àassurer la restauration de ce patrimoine pictural, quelques géologues contactent les Affaires culturelles.

Ouest-France

Les démarches aboutissent, permettant d’abord d’engager la dépose par quelqu’un de l’art puis d’arriver au classement au titre des Monuments historiques àla date du 25 juin 1990. Le classement qui apporte les financements, implique la mise en valeur de ce patrimoine universitaire par son regroupement en un même lieu, le bâtiment d’enseignement et de recherche en géologie, sa restauration, son montage sur châssis en bois, son installation dans un cadre digne de son exceptionnelle valeur historique et artistique. La restauration des toiles a lieu le premier semestre de 1992 dans les locaux mêmes qui doivent les accueillir.

Ouest-France 1992

A la même époque, est ajoutée au bâtiment ancien une aile nouvelle avec des salles conçues pour recevoir sur leurs murs une partie des panneaux restaurés. Ainsi, la première toile qui est remise en place est "La flore carbonifère" de Mathurin Méheut, accrochée le Lundi 20 Juillet 1992 au matin dans la Salle Oehlert. A la rentrée 1992-93, les étudiants peuvent contempler dans des conditions tout àfait favorables les 5 paysages peints par Yvonne Jean-Haffen et 3 toiles de Mathurin Méheut.

La réhabilitation de l’ancien bâtiment est réalisée de 1994 à1995, les volumes, repensés dans un style art-déco, sont largement ouverts, une nouvelle salle Mathurin Méheut est créée pour recevoir 7 toiles du peintre mais aussi considérablement augmenter « l’offre géologique  » par des vitrines de géologie régionale, de paléontologie, de pétrographie… Dans ce but, les meubles-vitrines prévus par Yves Milon pour être associés aux toiles ont été conservés et réutilisés parfois avec quelques légères modifications.

Ouest-France 13-5-1995

En mai 1995, le décor de l’Institut de géologie, dans sa nouvelle jeunesse, est en place, àla fois dans toutes les salles de cours et dans la partie musée, pour une inauguration officielle àla hauteur de l’entreprise. Après vingt ans d’incertitude, de 1972 à1992, cet ensemble unique de 25 toiles, classé parmi les monuments historiques, a trouvé un nouveau site adapté. En demeurant dans un bâtiment d’enseignement et de recherche, au sein même de collections géologiques organisées en musée universitaire, elles répondent àleur vocation première souhaitée par Yves Milon.

Ouest-France 3-6-1995

Elles sont l’œuvre d’un peintre de talent, mais doivent beaucoup àla sensibilité d’un géologue, Yves Milon, qui, après avoir choisi les thèmes géologiques, le camaïeu, a suivi activement leur réalisation.


Les toiles


Le décor mural, aujourd’hui accroché sur les murs du bâtiment 5 sur le campus de Rennes-Beaulieu, se compose de 25 toiles, 14 se situant dans la partie musée, 11 se situant dans les salles d’enseignement (voir plan ci-dessous).

Mathurin Méheut : 20 toiles
Yvonne Jean-Haffen : 5 toiles

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Situation des toiles dans le musée




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Dans la Salle Milon

1- Yvonne Jean-Haffen - La Vilaine au Boë l (159x360cm)

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Le paysage actuel


Traversant en cluse les synclinaux paléozoïques du sud de Rennes, la Vilaine recoupe une puissante série de schistes rouges aujourd’hui attribués àl’Ordovicien inférieur (465 millions d’années). Les escarpements rocheux de la rive orientale dominent le pittoresque moulin du Boë l. Au loin, la carrière de Malroche entame le grès armoricain.

2- Yvonne Jean-Haffen - La Vilaine àSaint-Malo-de-Phily (159x360cm)

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Le paysage actuel


Perché sur le Grès armoricain, le bourg de Saint-Malo-de-Phily, dont on reconnaît bien le clocher, domine la Vilaine. Au premier plan, le Rocher d’Uzel est constitué de schistes et de poudingues briovériens. Les taches de couleur jaune sur l’autre rive correspondent àdes carrières de sables pliocènes (les « sables rouges  »).



Dans la Salle Kerforne

3- Yvonne Jean-Haffen - Ploumanac’h, le Petit Traouiéros (130x246cm)

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Le paysage actuel


Cette toile du granite de Ploumanac’h présente un archétype du paysage breton. S’y trouvent réunis boules de granite rose, lande peuplées de pins, maisons blanches, petits bateaux, rochers au loin, ciel nuageux. Sur la digue qui barre une petite ria, est installé le moulin àmarée du Petit Traouiéro. A l’arrière plan, le port de Ploumanac’h est aisément reconnaissable.

4- Yvonne Jean-Haffen - Le cap Fréhel (130x247cm)

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Le paysage actuel


Un spectaculaire empilement de grès roses ordoviciens (465 millions d’années), en strates horizontales coupées de fractures verticales, disséquées par l’érosion, constitue au cap Fréhel un paysage de tours et de bastions àparois verticales et àsommets plats au dessus de la mer émeraude, peu commun en Bretagne. Au premier plan figure le célèbre rocher de la Fauconnière et au loin le Fort-la-Latte est fièrement campé sur la diorite briovérienne de Coë tmieux-Fort-la-Latte (585 millions d’années).

5- Yvonne Jean-Haffen - Les Tas de Pois (176x495cm)

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Le paysage actuel


La morphologie de la presqu’île de Crozon est étroitement dépendante des barres de grès armoricain, anciens sables marins déposés àl’Ordovicien il y a environ 465 millions d’années, qui lui donnent ses reliefs, ses hautes falaises (Morgat) et les spectaculaires paysages de ses pointes (Toulinguet, Dinan, Pen-Hir). Les couches sédimentaires, fortement inclinées vers l’est, se succèdent ici régulièrement et sont tronquées par une spectaculaire surface d’érosion. Les Tas de Pois sont des buttes-témoins qui soulignent le travail de l’érosion.



Dans la Salle Rouault

6- Mathurin Méheut - La Faune des mers chaudes (155x465cm)

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Plus qu’un biotope particulier de mer chaude, c’est un certain exotisme marin qui est suggéré ici dans le foisonnement de ce panneau par une traînée de poissons coralliens, un groupe de Crinoïdes ou Lis de mer, la présence d’Oursins-crayons, de Gastéropodes de type tropical et d’un Arthropode, le Limule. Le centre du panneau est occupé par un buisson de moules avec ses prédateurs, « bigorneau-perceur  » et étoile commune, qu’accompagne un crabe àcarapace rostrée, le Stenorhynche ; àl’évidence, il s’agit d’une association de formes de mers tempérées. L’artiste a ainsi juxtaposé de façon quelque peu arbitraire des communautés aux exigences écologiques différentes.

7- Mathurin Méheut - La Faune des mers tempérées (154x290cm)

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Laminaires, Petites Rousssettes, Galatées, Langoustes, Buccin portant une touffe d’Hydraires, Seiches, Ophiures, Oursins et Patelles de petite taille voisinant avec les Ascidies coloniales. Les souvenirs de Roscoff où Méheut fit ses premières armes de naturaliste sont bien présents et nourrissent la composition, mais l’artiste accorde une nageoire dorsale supplémentaire aux Roussettes et le Crabe est incomplet.

Dans la Salle Oehlert

8- Mathurin Méheut - La Flore du Carbonifère (154x303cm)

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A la fin de l’ère primaire, il y a environ 350 millions d’années, alors que les continents sont réunis dans la Pangée , la forêt houillère, établie sur des zones marécageuses, est le domaine exclusif des plantes sans fleurs : Fougères véritables mais aussi Fougères àgraines, Prêles géantes, et Lycophytes arborescentes. Curieusement, le très classique Lepidodendron n’est pas représenté.

Dans le Hall et l’Escalier

9- Mathurin Méheut - La Mer , falaise bretonne battue par la tempête (155x237cm)

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Ce tableau fait pendant au volcan actif pour évoquer, parmi les quatre éléments fondamentaux de la conception présocratique de la Terre , ceux qui concernent plus particulièrement la géologie : l’eau et le feu, et symboliser ainsi les deux grandes théories de l’histoire de cette science : le Neptunisme et le Plutonisme. Ce rocher isolé se situe sur la côte du Léon, àl’île de Sieck, au large de Santec.

10- Mathurin Méheut - Un volcan actif, l’Etna (156x238cm)

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Pour illustrer le thème du feu, impossible de prendre pour modèle un quelconque volcan, même assoupi, en Bretagne. Selon le programme précisé par Y.Milon, « l’Etna vu de Taormina  », Méheut montre un volcan italien actif, de type strombolien, sans doute le plus connu, dans un paysage méditerranéen, selon une vision qui semble idéalisée.

Dans la Salle Barrois

11- Mathurin Méheut - Les Ptérodactyles, reptiles volants (150x255cm)

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Cette scène de la vie d’un groupe de Ptérodactyles, fortement architecturée par les arabesques des branches et des troncs aux allures de lianes, semble véritablement peinte d’après nature. Méheut, faisant preuve d’originalité, nous montre ces « reptiles volants  » au repos ou àterre, se nourrissant de poissons qu’en pêcheurs habiles ils viennent de capturer. Les caractères diagnostiques de ces Ptérosaures (« lézards ailés  ») sont clairement mis en évidence mais il faut apporter quelques réserves sur l’architecture des ailes.

12- Mathurin Méheut - Les Ichthyosaures, reptiles marins (150x250cm)

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Avec les Ichthyosaures (« lézards-poissons  »), Méheut nous donne une image de l’adaptation des reptiles secondaires àla vie aquatique. Le mouvement est créé par l’ondulation des corps contrebalancée en premier plan par une guirlande d’algues.

13- Mathurin Méheut - Les Diplodocus, reptiles terrestres (208x495cm)

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Les Dinosaures (« lézards terribles  ») sont les plus populaires des animaux disparus et la pièce maîtresse de la décoration de l’Institut de Géologie. De préférence au Brontosaure ou au Brachiosaure, le Diplodocus a été choisi par Yves Milon car il s’agit d’un classique de la paléontologie des vertébrés mésozoïques. Les Diplodocus, étonnants reptiles longs de 27 mètres pour un poids de 10 à11 tonnes, sont localisés en Amérique du Nord au Jurassique supérieur (140 millions d’années). Avec les Brontosaures (35 tonnes), ce sont les plus gros animaux terrestres ayant jamais vécu sur notre planète. S’ils ont toujours été considérés comme herbivores, les idées relatives àleur milieu de vie ont changé. Après avoir vu en eux des monstres évoluant dans des zones marécageuses et se déplaçant volontiers dans l’eau, on considère aujourd’hui que c’étaient des animaux de terre ferme qui vivaient en groupe et étaient pratiquement invulnérables.

En savoir plus sur cette toile : Les diplodocus

Dans la Galerie de minéralogie

14- Mathurin Méheut - Les géologues en excursion, entre Château-Richeux et Cancale (1946) (116x287cm)

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Dans cette composition Mathurin Méheut ne propose aucun portrait précis mais rapporte l’ambiance de ces sorties où Yves Milon, qu’accompagnaient mesdemoiselles Alzine Renaud et Suzanne Durand, conduisait une dizaine d’étudiants.

15- Mathurin Méheut - Les géologues au laboratoire (1946) (115x298cm)

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Le clocher de l’église Saint-Melaine, que l’on aperçoit par la fenêtre, permet de localiser la scène dans la salle de dessin de l’Institut de Géologie de Rennes, rue du Thabor. S’il traduit bien l’idée reçue de savants professeurs au travail, le squelette de Mammifère en cours de dégagement n’appartient pas au domaine de recherche de l’établissement, orienté àcette époque vers le Primaire armoricain et la sédimentologie du Tertiaire.



Dans l’Espace matériaux

16- Mathurin Méheut - Sculpteurs de grès (201x295cm)

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Le Grès rose d’Erquy est un grès très siliceux, apprécié pour sa dureté et son homogénéité. Il a été très largement exploité pour la confection de pavés. Contrairement àce que montre le décor, ce grès n’a que peu été utilisé pour la sculpture et le bas-relief àdroite est inspiré du calvaire historié de Tronoë n dans le Finistère, l’un des rares dont l’imagerie soit en granite. Une fois encore, Méheut juxtapose des éléments qu’il a utilisés pour l’illustration du livre « les Vieux métiers bretons  », mais prend quelques libertés.

17- Mathurin Méheut - Potiers bretons (201x317cm)

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A l’exception du personnage de gauche, le décor de l’Institut de Géologie est une reprise fidèle d’un grand dessin aquarellé publié dans Vieux métiers bretons. La scène est clairement située àLa Poterie , àl’est de Lamballe, Méheut ayant été l’un des derniers témoins de cette activité. Avant d’être un « vieux métier  », c’est l’utilisation de l’argile qui est illustrée par ce panneau. Exploitée aux Landes de Houssa dans une multitude d’excavations, l’argile provient de l’altération du gabbro de Trégomar.

18- Mathurin Méheut - Ardoisiers dans les Montagnes Noires (201x295cm)

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La composition de Méheut, synthèse de deux dessins publiés dans Vieux métiers bretons, est difficile àsituer de façon précise, mais les chicots rocheux qui se découpent sur l’horizon semblent correspondre àceux de la Montagne de Motreff dans les Montagnes Noires. Observateur passionné d’un monde antérieur àla mécanisation, Méheut a fort bien « saisi  » tous les éléments et toutes les attitudes du travail des schistes favorables àla confection des célèbres ardoises bretonnes.



Dans la Salle Méheut

19- Mathurin Méheut - Ploumanac’h, les goémoniers (201x293cm)

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Le paysage actuel


Une nouvelle fois, le paysage granitique (granite de Ploumanac’h sur la commune de Trégastel) orne les murs de l’Institut de Géologie. Pourtant Yves Milon aimait àrépéter, avec justesse, que, contrairement àune opinion largement répandue, la Bretagne n’est pas une terre de granites mais essentiellement une terre de schistes. Le débit du granite en grandes dalles plates est lié àun vigoureux système de diaclases horizontales et leur découpage festonné est dà» àl’écoulement de l’eau de pluie en autant de rigoles. On remarque, au second plan, parsemant la plate-forme d’abrasion marine, de nombreux écueils favorables au développement du goémon autrefois activement récolté. L’Ile Bono, une des Sept-Iles, ferme l’horizon.

20- Mathurin Méheut - Ploumanac’h, rochers granitiques (201x296cm)

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Le paysage actuel


Quelques aspects de la morphologie du granite de Ploumanac’h sont évoqués dans cette peinture : reliefs résiduels rappelant de près ou de loin des silhouettes animales, boules de granite encombrant les zones cultivées. Le curieux rocher, appelé « la Tête de Bélier  », situé en retrait des célèbres rochers de Ploumanac’h àPerros-Guirec, constitue l’élément dominant de la composition. La forme générale de la « tête  » est déterminée par une grande diaclase oblique. La partie supérieure de la roche est affectée de cannelures verticales fidèlement transcrites.

21- Mathurin Méheut - Le Mont-Dol (201x317cm)

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Le paysage actuel


Le Mont-Dol, pittoresque relief circulaire àprofil convexe si caractéristique émergeant au dessus des polders, correspond àun minuscule massif de granite (leucogranite aplitique) qui recoupe àl’emporte-pièce les sédiments briovériens. L’intérêt principal du site et sa renommée sont liés àl’installation, au Paléolithique il y a environ 100 000 ans, de chasseurs de mammouths au pied de la paroi granitique. Les fouilles entreprises àla fin du XIXème siècle, ont livré les restes d’une remarquable « ménagerie  » : 50 mammouths, quarante chevaux, douze rhinocéros, dix rennes, quatre loups, deux ours, un lion, un blaireau, une marmotte, des cerfs, des bovidés…et une grande quantité de silex taillés.

22- Mathurin Méheut - Les Rennes (195x392cm)

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Au cours de la dernière glaciation, le Renne était commun en France comme en témoignent les nombreuses représentations préhistoriques des grottes de Dordogne et les ossements récoltés dans différents niveaux archéologiques du sud-ouest de la France mais aussi en Bretagne (Mont-Dol).

23- Mathurin Méheut - Les Mammouths (195x295cm)

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Les Mammouths, proches parents des Eléphants, appartiennent àune espèce éteinte depuis 15 000 ans pour laquelle on dispose d’une documentation exceptionnelle. Dans ces conditions, la reconstitution de Méheut est fidèle. Les mammouths représentés sont armoricains, les roches de l’arrière-plan étant de toute évidence une évocation libre du Mont-Dol où l’espèce était abondante au Moustérien. Les loups qui se tiennent àl’écart appartiennent également àla faune de la région. Les rudes conditions climatiques qui régnaient sur l’Europe moyenne àl’époque du Renne et du Mammouth sont suggérées par quelques bouleaux chétifs.

24- Mathurin Méheut - Les Bisons (195x373cm)

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Avec la toile consacrée aux Bisons, Méheut nous donne un panorama complet en quatre panneaux des grands mammifères (Mammouths, Rhinocéros, Rennes) qui vécurent sur le site du Mont-Dol au Paléolithique.

25- Mathurin Méheut - Les Rhinocéros laineux (195x303cm)

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Les rhinocéros laineux appartiennent au groupe des rhinocéros àdeux cornes comme la plupart des espèces actuelles. Mais c’est une forme fossile qui vécut lors de la dernière glaciation en Europe, en Sibérie. Parmi les gisements français, le Mont-Dol est l’un des plus beaux qui soit connu. Les Rhinocéros y vivaient dans un paysage de steppe sèche dominant des marécages. Les longs poils qui recouvrent leur corps sont une adaptation au froid mais ces animaux supportaient aussi des températures plus clémentes.



Nota : le texte descriptif de chacun des tableaux est très largement emprunté àLe Bihan & Plusquellec 1989.

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Les toiles hors des murs


* Certains éléments du décor de l’Institut ont été exposés à :


- Brest, Musée des Beaux-Arts, 5-17 Juillet 2000

- Vannes, La Cohue, 15 Juin 2002-5 Janvier 2003

- Morlaix, Musée de Morlaix, 14 Juin-10 Novembre 2008

- Rennes, Les Champs-Libres, 22 Septembre 2009-7 Mars 2010

- Brest, Musée des Beaux-Arts, été 2010

- Saint-Briac, Couvent et Chapelle de la Sagesse, 11 Juillet-10 Septembre 2010

- Lamballe, Musée Mathurin Méheut, été 2010

- Saint-Malo, Chapelle Saint-Sauveur, 27 Juin-19 Septembre 2010

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- Saint-Malo, Chapelle Saint-Sauveur, 26 Juin-2 Octobre 2011


- Dinan, Centre de Rencontres Economiques & Culturelles (Crec), 12 Juillet-30 Septembre 2012


- Paris, Musée National de la Marine, Trocadéro, 27 février-1er septembre 2013


- le Faouë t, Musée du Faouë t, 29 juin-13 Octobre 2013


- Perros-Guirec, Maison des Traouiéro, 29 juin-30 aoà»t 2014

* Certains éléments du décor de l’Institut ont été reproduits dans :


- LE BIHAN R. & PLUSQUELLEC Y. 1989- Animaux disparus et paysages géologiques. Le décor de l’Institut de Géologie de Rennes. Penn ar Bed,20,2,133,56p.


- BELBEOCH H. & LE BIHAN R. 1995- 100 peintres en Bretagne, éd. Palantines.


- UNIVERSITE DE RENNES 1. 1996- Calendrier, Université de Rennes1.


- JUDE P. 1997- Mathurin Méheut, richesse et diversité, éd. Ouest-France.


- HEURTIN P.-Y. et al. 1997- Rennes, éd. Ouest-France.


- Collectif, 1997- Patrimoine naturel de Bretagne, Curieux de nature, éd. Ouest-France.


- KERLO L. & LE BIHAN R. 1998- Peintres de la Côte d’Emeraude- 160 peintres du Mont-Saint-Michel àErquy, éd. Le Chasse Marée-Ar Men.


- FLOHIC 1999- Le patrimoine des communes d’Ille-et-Vilaine,t.2. éd. Flohic


- DECENEUX M. 1999- Le Mont-Dol, haut lieu du sacré. Ar Men,101,p.10-24.


- Encyclopédie Bonneton. 1999- Ille-et-Vilaine. éd. Bonneton,p.72.


- PLAINE J. 1999- Regard sur les collections géologiques de Bretagne, Penn ar Bed,173-174,p.91-102.


- BRUN J.-P. & OLLIVIER M.-A. 2000- 150 ans de géologie àRennes. Mém. Géosciences Rennes, hors-série n°3,105 p.


- LUKAS Y., ROLET J., LEGLATIN B.-Y. 2001- Bretagne-Beaux minéraux, belles roches. éd. Palantines, 127p.


- HUET E. 2001- Des dinosaures en représentation. Que faire des images (dé)passées de dinosaures ? Lettre de l’OCIM,n°27.


- Musée de Vannes 2002- Décors peints de Bretagne 1900/1950. éd. Cloître-La Cohue, Musée de Vannes-Conseil général du Morbihan.


- UNIVERSITE DE RENNES 1. 2003- L’Art chemin faisant. Les Å“uvres de l’Université de Rennes1.


- KERLO L. & DUROC J. 2004- Peintres des côtes de Bretagne. 2- De la baie de Saint-Brieuc àBrest, éd. Le Chasse-Marée.


- KERLO L. & DUROC J. 2005- Peintres des côtes de Bretagne. 3- De la rade de Brest au pays Bigouden, éd. Le Chasse-Marée.


- CHARTIER E. 2006- Vingt ans d’archéologie, une nouvelle approche de l’histoire de Bretagne.Ar Men,151,p.28-37.


- JONIN M. 2008- Géodiversité en Bretagne, un patrimoine remarquable. éd. Biotope,160p.


- GOURMELEN L. 2008- Ardoise en Bretagne. éd. La Maison du Patrimoine-Coop Breizh,144p.


- FOUCQUERON G. 2008- Saint-Malo, histoire et géographie contemporaine. éd. Palantines,223p.


- PENNEC J., BLANC N.2009- Rennes la scientifique.Sciences ouest,n°265,p.15.


- LEFEUVRE J.-C., MOUTON J.-P., MAUXION A. 2009- L’histoire de la Baie du Mont-Saint-Michel et de son abbaye. éd. Ouest-France,287p.


- BOUFFETTE J., BONNET S. 2009- Itinéraires géologiques àRennes. éd. Espace des Sciences, Apogée,48p.


- GRAVIOU P., NOBLET C. 2009- Curiosités géologiques du Trégor et du Goë lo. éd. Espace des Sciences, Apogée, BRGM,109p.


- MUSEE MATHURIN MEHEUT-LAMBALLE 2010- Mathurin Méheut, le monde de la nature. éd. Palantines, 143p.


- LE LOEUFF J. 2010- Art and Palaeontology in German-occupied France : Les Diplodocus by Mathurin Méheut (1943). Geological Society, London, Special Publications,v.343,p.325-333. L’article en ligne


- PLAINE J., JEGOUZO P. 2012- Géotourisme en Ille-et-Vilaine ; petit guide géologique pour tous, Biotope éditions, 96p.


- GLEMAREC M. 2013- Mathurin Méheut, Décorateur marin, entre art et science. éd. Le Télégramme,123p.


- LE BRUN D. 2013- Mathurin Méheut. éd. Le Télégramme,40p.


- PIRIOU M.-P., MICHAUD. J.-M., DELOUCHE D. 2013- Femmes artistes en Bretagne. éd. Musée du Faouë t - Liv’Editions,108p.


- DELOUCHE D. 2014- Rochers de Bretagne. éd. Ville de Perros-Guirec - Editions d’Art Jack, 80p.



* Certains éléments du décor de l’Institut sont sur le web :

Les diplodocus et autres toiles

Les paysages du granite de Ploumanac’h

Le cycle décoratif (CNAP)